Un problème d’alcool: conseils d’un médecin
Un membre de votre famille, votre conjoint ou l’un de vos enfants, ou votre père, ou votre mère, présente un problème d’alcool. Sa consommation de boissons alcooliques lui porte préjudice en altérant sa santé ou en créant des difficultés familiales, professionnelles ou autres.
Vous êtes perplexes devant le comportement à adopter à son égard. Dans un premier temps, patiemment, vous avez d’abord essayé la gentillesse, les conseils à la modération et à la prudence, l’ouverture au dialogue. Vous avez tenté de lui faire consulter un médecin, mais à chaque fois, il ne vous a pas écouté. Devant votre insuccès, vous avez peut-être changé d’attitude. Dans un deuxième temps, vous avez caché les bouteilles ou l’argent. Vous avez évité toutes les occasions pouvant favoriser sa consommation d’alcool. Vous êtes devenu autoritaire, cassant, peut-être même agressif. Vous l’avez menacé de rompre les relations avec lui. Mais rien n’y fait; vous le voyez s’enfoncer davantage, sourd à vos appels. Maintenant, vous êtes lassés par tant d’échecs. Vous avez trop subi ses excès et les modifications de son caractère, son irritabilité, son impatience, peut-être sa violence. La situation, plus que tendue, est au bord de la rupture. Vous pensez partir réellement et casser une situation que vous ne supportez plus. Vous avez bien essayé de l’avertir, mais il n’a pas écouté ou il n’y pas semblé y croire. Pourtant, vous êtes là, près de lui, et vous vous interrogez encore; que faire? Existe-t-il une solution? Vous attendez un miracle, ou vous êtes prêt à prendre la fuite.
Reprenez votre calme. Analysons ensemble la situation d’une façon neutre et objective. Une évidence s’impose d’abord: consommer de l’alcool est devenu pour ce conjoint, cet enfant ou ce parent un besoin incoercible. Il est donc devenu dépendant de l’alcool ou malade alcoolique. Comme tout malade, il mérite d’âtre aidé. Mais c’est là que les difficultés commencent, parce que lui, il ne se reconnaît pas malade. Cette négation de la maladie par l’intéressé lui-même est classique, rassurez-vous. Mais elle semble bloquer tout dialogue et l’on comprend votre irritation. Mettez-vous une minute à sa place. En parlant d’alcool, vous heurtez directement son amour-propre et il ne peut admettre déjà face à lui-même qu’il est devenu un être dépendant de l’alcool ou un malade alcoolique. Alors vous imaginez bien que face aux autres, ce sera la même chose. Vous devez comprendre que le mot alcoolique sonne d’une façon tellement péjorative qu’il n’est pas facile de se reconnaître ainsi.
Si vous ne lui avez pas tourné le dos, si vous êtes encore là, c’est que vous l’aimez. Malgré bien des problèmes. Eh bien, sachez lui témoigner cet amour. Premièrement en essayant de comprendre avec lui les mécanismes et les multiples facteurs qui le poussent vers l’alcool. Deuxièmement en vous informant sur les moyens pour surmonter cette dépendance et en luttant ensemble pour y parvenir.
Votre désir est que il ou elle ne boive plus d’alcool. Vous l’avez maintes fois exprimé sans être entendu. Si vous lui faites comprendre qu’il s’agit d’une maladie et non d’un vice, que cela peut se soigner et que vous êtes prêt à l’aider, alors là, il se peut qu’un jour il accepte un rendez-vous avec le médecin, ou une rencontre avec d’anciens malades. Ce premier pas de sa part sera décisif. Vous aurez ainsi contribué à l’évolution du problème: la prise de conscience, l’acceptation de la dépendance sont les éléments essentiels pour que puisse surgir la motivation du malade pour se soigner. "
" L’alcool, l’espoir d’en sortir " Dr Sarda, Ed Didakhe, Paris. cassette audio, disponible à l’ISPA
Aider un proche à sortir de l’alcool
Le déni
Pour ne pas voir elles-mêmes qu’elles sont devenues dépendantes, les personnes alcooliques adoptent une attitude de défense déroutante pour leur entourage: le déni.
Pour la personne dépendante, le déni est une manière de justifier sa consommation d’alcool. Toutes les critiques et tous les reproches qui lui sont faits sont à ses yeux autant de raisons pour continuer de boire, car ils donnent à la personne alcoolique l’impression d’être incomprise, mal aimée et coupable.
Aussi longtemps que la personne alcoolique se trouve des excuses pour boire, elle ne pourra pas aborder son vrai problème, la dépendance.
Le co-alcoolisme
Souvent, la vie des proches est accaparée par la consommation de la personne alcoolique.
Par amour pour la personne dépendante, mais aussi par peur, et pour rendre leur prorpe vie plus supportable, ses proches la protègent, cautionnent tous ses actes ou les cachent. De ce fait, en voulant aider le malade alcoolique, son entourage renforce son comportement.
La personne alcoolique pense alors que puisque aucune remarque ne lui est faite, tout va bien. Elle peut donc continuer à boire.
Pourtant, en réagissant ainsi, les proches s’épuisent, perdent espoir. Ils en viennent à oublier de s’occuper d’eux-mêmes. Maintenant, l’alcool dirige aussi leur vie! Ils sont pris par le cercle vicieux de la co-dépendance.
D’abord s’aider soi-même
Le processus d’aide commence par un apprentissage personnel qui permettra de se libérer du pouvoir de l’alcool sur sa propre vie. Inutile de vouloir " empêcher l’autre de boire ".
C’est une étape difficile; les proches ont souvent l’impression d’abandonner la personne alcoolique lorsqu’ils ne s’occupent plus de ses problèmes. C’est pourtant la seule manière de lui donner la volonté de réragir: refuser de subir les conséquences de ses alcoolisations en lui laissant la responsabilité de ses actes.
Adopter de nouveaux comportements
En arrêtant de protéger la personne alcoolique de ses abus, en ne contrôlant plus sa consommation d’alcool, les proches la mettent face à sa réalité, à ses responsabilités, à ses actes.
Les membres de l’entourage pourront alors prendre du temps pour eux-mêmes, pour leurs propres besoins. C’est primordial, car on ne peut aider quelqu’un que si l’on est soi-même fort et équilibré.
Chercher de l’aide à l’extérieur de la famille
Il n’est pas facile de changer des habitudes profondément ancrées dans le quotidien. C’est pourquoi il faut chercher de l’aide à l’extérieur de la famille: briser le silence et l’isolement de chacune et chacun, c’est commencer à aider l’autre.
Parents : mon enfant consomme des drogues, qu’est-ce que je dois faire?
Lorsqu’un adolescent ne manifeste plus aucun intérêt pour l’école; lorsqu’il n’a plus goût à rien; lorsqu’il rompt tout contact avec ses anciens amis; lorsqu’il se montre nerveux et irritable; lorsqu’il est tantôt exalté et tantôt apathique, on peut se poser la question de savoir quels problèmes sont à l’origine de pareils changements d’attitudes. Il peut arriver que ces manifestations traduisent une consommation de drogues ou d’alcool.
Dans de tels cas, la plupart des parents ressentent de l’angoisse et de la colère. Leur première réaction est de se croire responsables et coupables. Ce n’est généralement pas le cas, et surtout cette réaction ne sert pas à grand chose. Il vaut mieux tenter de parler avec son fils ou sa fille, mais le dialogue est souvent très réduit.
Avec ou sans drogues, les parents trouvent qu’il est de plus en plus difficile d’avoir un bon contact avec leur enfant. Ils ont l’impression qu’il passe de plus en plus de temps avec des amis. Souvent, il s’agit de nouveaux amis que les parents ne connaissent pas. Les parents s’inquiètent aussi de constater que l’argent de poche ne suffit plus, et ils se demandent si c’est la drogue qui entraîne de telles dépenses. Bref, ils ont un peu déçus: Ils ont toujours eu un bon contact avec leur fils ou leur fille et ils souffrent de voir cette confiance s’estomper et le silence s’installer. Que faire?
Garder son calme
Si vous dramatisez la situation ou si vous exagérez les dangers, votre enfant ne vous écoutera plus. En effet, il connaît suffisamment de jeunes qui parfois boivent un peu trop, fument du haschich ou prennent d’autres drogues et auxquels il n’est rien arrivé de fâcheux. Votre enfant évitera alors de parler de ce sujet avec vous ou vous mentira. beaucoup de jeunes boivent ou fument de temps en temps sans en subir des dommages importants ni en devenir dépendants.
S’informer
Les parents qui prennent la peine de s’informer sur les dangers réels de la consommation de drogues sont plus à l’aise pour discuter avec leurs enfants, et ceux-ci les prennent plus au sérieux, pour autant qu’il s’agisse d’informations objectives.
Réfléchir
Dans leur jeunesse, la plupart des adultes ont eux aussi bu ou fumé un peu trop, ou fait d’autres bêtises sans en ressentir des conséquences négatives. S’en souvenir aide parfois à se montrer plus compréhensif.
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